samedi 9 août 2008

La sensation pure

Suite de la romanie:


Mais qui donc allait oser l'ouvrir pour lui dire ça, à Corbu, un ami si cher et si connu, qui, c'est sûr, allait être déçu, fâchu, vexu, tellement il était passionné et féru ? Le seul moyen était de s'y frotter pour le faire redescendre sur le plancher de la sensation pure, celle qui coupe la chique, le sifflet et la parole excessive dont Corbu allait finir par se régaler à s'en rendre malade si on ne l'arrêtait pas.
C'est Léone qui prit sa chose en main, avec la ruse et l'habileté qui la caractérisent, la fine mouche. Sous prétexte de mieux voir, elle approcha son beau derrière nu du discoureur et, distraite, "oh pardon, j' t'avais pas vu !", te lui fit un frotti-frotta contre sa braguette, qu'il en banda direct, elle n'eut plus qu'à le finir à la main, adagio en deux temps trois mouvements, allegro prestissimo, sous les conseils amicaux de Jec et de Francis qui, quand ils font la paire, sont incomparables. Sa queue, il l'avait bien entre les jambes, l'Archi, il le comprit et cessa ses mauvaises manières ennuyeuses, exténué, fourbu, vidé, rompu. Sacré Corbu !
On n'en fit pas un fromage, et cela finit par des chansons. L'architecte en était déjà à la salle de garde, et levait son verre à la gloire de l'architecture et du coup de main de Léone. Tous étaient joyeux et soulagés. Colomb et Colombe avaient rejoint Tonton là-haut et rivalisaient de loopings réussis. L'Aristo avait lâché prise, et ne parlait plus que de la main de sa soeur en attendant mieux sans se fâcher.

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