samedi 30 août 2008

Le jardin

Enfin !

Après une veillée autour de cette belle pièce*, sur laquelle Léone et Léonard célébrèrent une nuit d'amour agitée, sous les fastes et les ors des pompes de l'église et quelques bravos quand vraiment la geste était gymnastique, on fit grasse matinée pour ne vider le lieu que vers midi et aller prendre le soleil et le petit déjeuner dans le jardin de la rue Quenelle, à deux pas d'ici, en file coutançaise beaucoup plus désordonnée que l'indienne, mais plus simple, à la franquette riche de conversations animées sur le cours des derniers évènements, l'art religieux et l'avenir de la modernité.
Le jardin est public et donne aux habitants de la petite ville, quand ils peuvent lever le nez de leurs labeurs pour se le mettre au vent lors d'une petite promenade sans but, l'exemple parfait de l'art des jardins de la France, qui pourrait facilement détourner un rhinocéros de la sauvagerie anglaise, et le canaliser vers la pensée de Descartes à jouer le tout pour le tout pour devenir un être pensant à ce qu'il fait, avec ce recul nésessaire pour bien viser un beau derrière à l'air, que ça ne ressemble pas à une volée de bois vert, ou à une pluie de baffes vulgaires comme s'il en pleuvait, mais au dernier cri de l'érotisme, celui-ci calculé et modulé pour qu'il excite et déconcerte, comme un grand air poussé vers le septième ciel.
Le jardin était tout indiqué pour être un coin à penser de la sorte, franchement à la française, avec des lignes droites et des courbes qui l'étaient vraiment, rectilignes ou sinueuses, qui déclenchaient en un rien de temps compté sur l'espace au millimètre près, le goût de l'infini et le sens du mystère. En cet endroit sophistiqué et dessiné au petit poil, un vrai régal, Léonard dressa son chevalet dans la grande allée.
Ce que VGV a derrière la tête ?


* voir "Léone subjuguée par l'art des cathédrales" 22 aout

vendredi 22 août 2008

Léone subjuguée par l'art des cathédrales

Un vrai romaniaque le VGV ! Pas moyen de l'arrêter: " ça fait une semaine que". Attention au retour d'humeur !

"Le paradis, ça doit être comme ça, cosy". Léone était allongée dans l'une des chapelles sud, et reprenait tous ses esprits que Léonard avait fait valser sans exception, sans faire de différence entre les bons et les mauvais, car ils avaient pris tous chacun leur tour un petit quart d'heure que sa chérie venait de passer en admirant la croisée d'ogives au-dessus d'elle, comme plafond et ciel de lit d'amour que Léonard venait de lui faire sur mesure, et pas couci-couça, dans les grandes largeurs. Ils recommencèrent d'ailleurs dans d'autres chapelles, car, après cette grand-messe, ils n'avaient pas voulu manqué vêpres ni complies.
Ah ! comme les artistes en avaient eu dans leur sac ! Mais était-il bien raisonnable de célébrer l'humain si lestement, dans un endroit si saint et sacré, sous le prétexte bienvenu que le but ultime du pélerinage était l'humanisation de Rhino ? Mais oui, allez ! Tu me diras que je n'ai pas besoin de ça pour être excitée et faire trempette, mais là, avoue ... c'est pire !
Toutes ces païenneries qu' tu m' fais ! et l'art, brut comme ça, c'est encore meilleur que le paganisme. Comme je t'aime, mon Léonard ! Je ne regrette pas de t'avoir connu. Ce qu'on demandait à Corbu*, tout à l'heure, c'était de s'arrêter au sommet des piliers sans essayer de monter plus haut où il n'y a que du vent. Il fallait dire stop ! et il l'a bien compris. Il voulait sacrifier à la tradition de l'explication du symbolique qui mord le noeud. Alors qu'avoir des appartements hauts de plafond de la sorte, c'est de l'ample et du suffisant, et ça me fait un effet ! Tiens ! ça se fête ! J'aimerais bien, oh dis, rejoue-moi z'en, du refais-le-me-le, mais cette fois-ci dans l'abside, que j'aie la grande rosace en face, avec ce prolongement du choeur et de la nef, sublime !
- Tu vois, tu y viens à l'exclamation religieuse quasi !
- Mais non, mais non, fraisa Sigmund, la sublimation est humaine, rien qu'humaine !
- Te r'voilà , toi ! Nous t'avons à l'oeil ! Avec ton inconscient et ton sublime, il y a récidive... t'en va pas nous ramener le ciel et l'enfer, au moins ! Dis-donc, Léon, c'est coquet mais c'est frisquet, le parterre. Heureusement que tu es tiède comme un fourneau, et que tu m'attises la braise... Que c'est joli, que c'est beau !"
La visite allait bon train pour mes parents. Ils s'envoyaient en l'air à même le sol, qu'ils en décollaient, et maman ne chantait pas que des cantiques. Elle jouissait à fond du privilège d'être toute nue et toute rose dans la cathédrale, et ne cessait de couiner, les yeux à la révulse: "Quelle riche idée ! Mais quelle riche idée !", mettant ainsi, et de la plus curieuse façon, un terme au platonisme et à ses déviances arnaqueuses, genre prendre une enfilade pour une idée d'enfilade. L'enfilade, elle était là et bien là, oh chéri !..., qu'elle répétait avec l'acharnement d'une chatte passionnée d'architecture, et elle louchait sur le maître-autel, un chef d'oeuvre !
*cf. Corbu mardi 5 aout

samedi 16 août 2008

Le tympan et l'intérieur de la cathédrale

Ouf ! Suite de la romanie:

On fit une entrée solennelle par le grand portail au tympan duquel s'agitaient les saints et les démons du jugement dernier, diables et bonnes gens du cru, reconnaissables à leurs trognes familières, avec leurs qualités et leurs défauts régionaux, la prière facile ou le coup de cidre enlevé, culs serrés et nez rouges qui méritaient bien le ciel ou l'enfer, scènes édifiantes pour mes amis qui penchaient pour l'un ou pour l'autre, pourvu que la réprésentation fût magnifique, que le péché ou l'odeur de sainteté fussent taillés dans la pierre à la bonne cote, avec génie et talent, sans demi mesure, avec toutes les variétés du vice et du sentiment élevé, qu'on s'y r'trouve dans l'embarras du choix de ce théâtre humain trop humain et coutançais de surcroît, fallait voir comme !
Maman est aux anges et lève le nez pour renifler ce bon parfum de chez soi, à ses anges à elle, que Tonton "s' demande", essoufflé comme un petit coureur de cent mètres devant ça, après s'être donné tant de mal*. Vraiment, y a pas de justice ! Ce n'est qu'un jugement dernier ! Oui, mais celui-là, mon bonhomme, il sent la pomme et le varech !
Léone passe l'entrée comme une mariée sous la pompe des grandes orgues, et s'emmitoufle du silence tiède et habité, nue comme un ver de terre ferme et entourée de tous les falbalas de sa terre natale. Mille carrés et losanges tombent des vitraux et posent leurs reflets de couleur sur sa peau comme autant de confettis lancés pour la fête. Elle s'en défend, rieuse aux éclats en battant des mains et, sur ses fesses, est projetée une nativité en jaune rouge et bleu, avec de petits orangés tirant sur le rose qui attirent Léonard**. Il ne résiste pas à toucher pour voir si ça couine... Chéri, pas zici !... Si mais si, juste le doigt... Bon...vas-y... Et là, Léone hésite entre "qu'est-ce que c'est bon", et "qu'est-ce que c'est beau", éblouie par tant de beauté saisissante, saisie par tant de plaisir éblouissant. Ah, hmmm, c'est ça qu'il faut ! C'est ça qu'il faut pour que le monde aille bien !
Une vraie romanie ! Mais que va-t-il se passer ? Jusqu'ou va-t-il aller, VGV ?
* Tonton vient d'exécuter de très beaux loopings réussis autour des flèches de la cathédrale.
** Léonard est un peintre de génie sensible à la couleur, surtout au rose.

samedi 9 août 2008

La sensation pure

Suite de la romanie:


Mais qui donc allait oser l'ouvrir pour lui dire ça, à Corbu, un ami si cher et si connu, qui, c'est sûr, allait être déçu, fâchu, vexu, tellement il était passionné et féru ? Le seul moyen était de s'y frotter pour le faire redescendre sur le plancher de la sensation pure, celle qui coupe la chique, le sifflet et la parole excessive dont Corbu allait finir par se régaler à s'en rendre malade si on ne l'arrêtait pas.
C'est Léone qui prit sa chose en main, avec la ruse et l'habileté qui la caractérisent, la fine mouche. Sous prétexte de mieux voir, elle approcha son beau derrière nu du discoureur et, distraite, "oh pardon, j' t'avais pas vu !", te lui fit un frotti-frotta contre sa braguette, qu'il en banda direct, elle n'eut plus qu'à le finir à la main, adagio en deux temps trois mouvements, allegro prestissimo, sous les conseils amicaux de Jec et de Francis qui, quand ils font la paire, sont incomparables. Sa queue, il l'avait bien entre les jambes, l'Archi, il le comprit et cessa ses mauvaises manières ennuyeuses, exténué, fourbu, vidé, rompu. Sacré Corbu !
On n'en fit pas un fromage, et cela finit par des chansons. L'architecte en était déjà à la salle de garde, et levait son verre à la gloire de l'architecture et du coup de main de Léone. Tous étaient joyeux et soulagés. Colomb et Colombe avaient rejoint Tonton là-haut et rivalisaient de loopings réussis. L'Aristo avait lâché prise, et ne parlait plus que de la main de sa soeur en attendant mieux sans se fâcher.

jeudi 7 août 2008

La contemplation esthétique

Comme je suis le Grand Secrétaire de VGV, je travaille d'arrache-pied à m'en arracher les poignets en faisant trotter mes doigts sur le clavier. Ce matin:
"Ah ! Ah ! J'ai vu ton travail de secrétariat sur la toile ! C'est bien ! continue !" VGV bat des mains comme un gamin. Profitons ! Il peut couper les vivres d'une minute à l'autre. Je lui réclame le chapitre 138.
"Tu n'en as donc jamais assez, salopard ! Contente-toi des dernières pages jusqu'à nouvel ordre. Les précédentes nécessitent des recherches, et je pars en voyage, alors bon. Que je ne t'entende plus. Tu saisis ?
- Je saisis, je n'arrête pas.
- C'est ça, ne t'arrête plus".

MA PAROLE ! C'EST UNE ROMANIE !


*
suite:
La violence n'était cependant pas au programme des hostilités qui grimpaient peu à peu aux basques du discours de Corbu pris dans son envolée, une vraie tirade, tout ça pour cerner la cathédrale qui se posait là et bien là, imposante et pleine de grâce, et il n'était pas question de profaner le sentiment du sacré, qui s'élevait et prenait son essort dans le for intérieur des spectateurs, par une volée de baffes qui eussent arrêté la lancée de l'architecte, mais de go mis un os dans l'harmonie universelle des hommes et leurs bonnes oeuvres gothiques, dont on me servait un parangon, le nec de la région plus l'ultra de la visite guidée qui tournait au pensum.
Que penserait Rhino, s'il reliait l'art à la bagarre, par association d'idées, forcément, comme deux et deux font quatre ? Cela ne mènerait qu'au bousillage de la fessée qui est bien autre chose qu'une rouste, mais plutôt le sommet de la sophistique dont on fait l'éloge, l'alliage savant de la chair malmenée pour la bonne cause, à la limite du sacrifice, et du plaisir, de la jouissance et de la souffrance, le fameux mêli-mêlo érotico-magique qui devait absolument élever le niveau de Rhino au moins à la hauteur des tours de la cathédrale en granit de Chausey, pierre par pierre, et qui donnaient cette impression fantastique de toucher les nuages et, derrière, le paradis.
Alors, nom d'une pipe, pourquoi mettre là-dessus des mots-étouffoirs de peigne-cul, autant mettre des moufles pour taper sur le cul nu d'une belle femme qui ne jouit de ça que par la douleur sourde, mais aussi par le bruit inimitable de la main qui assène ses claques, la main du fesseur associée à la réaction des fesses qui frétillent, se crispent, en r'demandent en rougissant, dans les rires et les larmes, tellement ça fait mal, et tellement c'est bon. La contemplation esthétique, mon vieux, c'est pareil: c'est beau, mais c'est pas rigolo. Alors, de grâce, ferme-la !

mardi 5 août 2008

Corbu

Ma parole, ça devient une romanie !


"J'aimerais quand même bien entendre le discours de Corbu.
- Tu tires sur la corde !
- Non, sur le fil !
- T'es un drôle ! Méfie-toi !
- C'est tellement bien parti ! Ce que j'aimerais tout de suite aussi, c'est tout le chapitre 138.
- Et puis quoi encore ?! Tu te prends pourqui ?
- Pour ton secrétaire préféré.
- Et la peinturlure ?
- ...."

*
Le discours de Corbu plut. il voulut déployer son papier de science exacte qu'il lut sur le parvis, dans le petit vent qui but ses paroles et les avala en partie, mais il se posta là comme le garde champêtre des monuments historiques, et y mit de la passion et du brio, que moi-même j'y trouvai le plaisir et l'intuition du sermon juste et gratuit.
Si j'ai bonne mémoire de foetus, le discours de Corbu lu ci-dessus avait ceci comme début: "ça vous la coupe, hein ?!" De fait, tous les regards étaient levés vers les nuages qui faisaient la ronde autour des flèches sur fond de ciel bleu azur. Les chiques étaient effectivement coupées, et rien ne passait plus au travers du silence, que de petits compliments d'encouragement à l'égard de Tonton* - il finirait bien par atterrir, après tout, ce n'était qu'un ange qu'ils connaissaient - et un petit clic discret de Nigmar par ci, un autre par là, pointé vers les hauteurs. Le grand reporter mitraillait doucement l'image du sublime, inexprimable autrement que "par l'éclair de l'objectif indicible"
Léone levait son beau visage aux beaux yeux où brillaient les larmes comme des perles fines d'émotion, et elle souriait d'aise, car son petit matériel à jouir était tout mouillé devant tant de beauté. Elle se demandait seulement comment elle allait transmettre ça à Rhino qui avait plutôt tendance à mettre le nez dans son assiette, et à faire le tri parmi les fines herbes, que de lever les yeux vers le ciel qui, comme on voit, pouvait être atteint par l'oeuvre des hommes. Le sentiment de la grandeur-hauteur-largeur ne devait pas être négligé par un rhinocéros qui désirait augmenter son potentiel d'humanité, et que, malgré tout, être esthétiquement ému en fessant, y a pas au-dessus.
Elle pouvait toujours joindre le discours transcrit de Corbu à ses oeufs dans le même panier. Une fois que Rhino saurait lire, il se débrouillerait avec ça... Mais bon, qu'allait-il faire de ce truc de spécialiste ?: "A l'époque, nous sommes dans le Haut Moyen-Âge, ne l'oublions pas, c'est un peu avant l'an mille, l'Empereur Gerhardt Premier n'est même pas né, les constructeurs...mais si vous jetez un oeil sur les fondations...la voûte, le cintre, la clef, l'ogive, l'arc-boutant, la colonnette, la lancette, l'abside, le choeur, la nef, le transept, tout cela... Et quelle est la forme de cette église si vous l'imaginez sur le plan de l'architecte ? Ah ? Qui devine ?... Madame ? ... Monsieur ?"
Je vis - pourtant il parle bien, Corbu - que le discours-guide n'était pas entraînant et commençait à agacer. Maman séchait, papa avait le crayon-passion en l'air, je sentais que le groupe autour de l'architecte s'ennuyait et qu'un "ferme ta gueule !" allait fuser par mesure de rétorsion, car Corbu était en train purement et simplement de saloper le sens de la beauté de mes amis, et cette émotion qui les avait retournés, transfigurés. La vengeance couvait dans son plat, et si on n'arrêtait pas la logorrhée spécialisée de Corbu, ça allait chauffer.
*
"Arrête ! J'arrive pas à suivre !
A demain alors"
*
*Voir lundi 4 juillet ce que fait Tonton.

dimanche 3 août 2008

La suite

"Eh ben quoi ?

- Tu m'en as trop dit ou pas assez.

- Pas de gourmandise !

- C'est tellement digeste, cette lecture !

- Elles sont même pas sèches, ces pages-là ! Que tu es un veinard, un vrai ! On dirait que mon stylographe travaille pour toi, scribaillon, il galope comme s'il avait la courante !

- Je ne suis que ton secrétaire.

- C'est ça. Bon. La voilà, ta suite !"



*

**Tonton tint à faire son intéressant remarqué, en pratiquant devant tout le monde son art de la haute voltige avec le naturel de l'époustoufle comme s'il était chez lui, ou se retrouvait en pays de connaissance qu'il avait quitté pendant quelque temps, sans avoir rien oublié, comme s'il était parti hier, "c'est comme le piano ou le vélo, ça ne s'oublie pas". Et que je te fasse des ronds et des huit entre les deux tours de la cathédrale, et des atterrissages en vol plané répétés. Ah, si U. voyait ça, trallala, elle me sucerait, oyé oyé !"
**Il n'avait pas assez de gargouilles pour se percher, pas assez de têtes de saints pour se poser, et il alla jusqu'à faire dinn ding dong contres les cloches des hautes tours pour qu'on le vît de loin, qu'on l'entendît de la côte en regardant bien, peut-être même de Hauteville, et que tous ces signes avant-coureurs résonnassent dans l'oreille du rhinocéros comme autant de "J'arrive !" salvateurs.
**Son spectacle d'ange éclatant dans le soleil remporta un franc succès reconnu par tous, ou à demi inavoué par Branquignol qui critiqua en douce avec des "Bon, d'accord, mais il a des ailes !", limite vexé que l'attention se portât vers le ciel et plus au ras des pâquerettes, où il avait l'habitude de présenter sa farce d'un goût douteux, à base de prouts et de calembours.
**Tous y allèrent de leur bon mot, le meilleur et le plus sincère, Tonton fait tout de même partie de la famille. Ainsi l'Aristo: "Il est bon, mais c'est un ange. Et pour nous, n'est-ce pas soeurette ?, l'angélisme ne fait pas avancer ma chose d'un pouce, même si... l'interdit...la transgression...p'tite pute... - Fréro Fréro, reprenez-vous ! - Je disais, oui, qu'un tel spectacle angélique peut servir, oui, l'homme, voyez-vous, a besoin de ceci pour avoir cela...et, oui, l'univers des formes, les grandes mises en scène, peuvent donner à la libido, comment dire... cette élévation vers la bassesse...comment dirai-je...hmmm...enfin, le rendre meilleur, plus humain, saperlipopette ! Oh, ma soeur, si j' pouvais, ne serait-ce que... Oh, cet anneau que l'ange trace autour de la flèche...j'avoue que... ah ! fais le premier pas, petite garce !! La Grande Rêverie se trémoussait, oui, mais d'admiration et d'émotion, les yeux au ciel, la croupe tendue...oh, il va tomber !
**C'était bien à Corbu d'amener sa fraise d'architecte dans le débat, d'autant que l'Aristo venait de tendre sa perche de l'univers des formes, ce monde qui touchait Léonard, mais qui rebutait l'Empereur qui ne les mettait pas toujours, ou avec des mots en bois, et qui charmait Giovanni, certes, pourvu qu'il ne touchât pas qu'avec les yeux.
**La forme et le fond, pour Léone, devaient être liés, bien ficelés, et enlevez c'est pesé, et elle y mettait tout son poids d'influence dans la balance, pour retrouver l'essentiel et mettre le paquet, ce bagage intellectuel énorme comme un baise-en-ville qui devait être remis à Rhino pour qu'il fessât, vite et bien.
*
**"C'est pas tout ça, mais j'ai autre chose à faire.
- ??? "

vendredi 1 août 2008

Le romancé

**Ce matin, Victorien est à sa terrasse de café comme à sa tour de guet, ou dans sa chaire.
"Si je puis me permettre, Maître, c'est un manifeste de première que tu écris là, une mise au point permanente sur la nouvelle manière d'écrire ?
- Oui, tout le problème, c'est, comme on dit quand on écrit un roman, le "romancé".
- Ah oui ?
- Sans arrêt il faut l'avoir à l'oeil, le romancé, sinon, ça dérive vers la baliverne admise depuis perpette, la bondieuserie, la vessie de lanterne ou la psychologie, enfin de la crotte bien occidentale"
Grande forme guerrière aujourd'hui, donc. "Alors la suite d'hier, vite ! S'il te plait ! - Voilà !"
*
**La "Wanderung" vers Coutances - l'Empereur avait imposé son style d'emblée - s'était merveilleusement déroulée dans l'enthousiasme et la frénésie de l'espoir de voir de grands jours meilleurs. On s'était régalé des pauses, pendant lesquelles on avait eu des conversations sur le style et l'écriture, le Scribe et le Paillot avaient toute leur place, et donnaient même le ton de l'action par de bons conseils sur l'improvisation littéraire, la disposition des lettres et leurs milliers de combinaisons, que tout le monde était gai, et sans cesse tout neuf comme au premier jour.
**On avait aussi beaucoup ri, d'un rire mêlé de tendresse, quand Léone, avec une régularité de pendulette, faisait sa petite sortie, au prétexte que la marche à pied ça creuse: "Tu me pique-niques, Coco ? J'ai faim de toi" Et Léonard, aux petits soins-soins, honorait la reine dans le trèfle, ce qui prolongeait la récréation.
**C'est Nigmar qui fit l'éléphant dans le jeu de quilles, en déclenchant une série de clics frénétiques, où la vitesse de prise trahissait l'émerveillement, et qui tombaient comme une pluie de grains de riz sur les tours jumelles de la cathédrale qui couronnait l'horizon comme le bicorne du Tout-Puissant que le déusse salua, éberlué, levant un oeil vers le ciel, d'un sincère: "Chapeau !"
Pour des gens qui avaient soupé des clochers, ces deux-là tombaient à pic dans leur soupe pour leur arracher des: "ça alors !...", qu'ils ne purent retenir, tellement c'était... 'y avait pas de mots ! Ils se trouvaient bien devant la cathédrale de Coutances, gothique, incroyable !
*
Eh ben....!